Bien débuter Warfighter, le wargame par cartes scénarisé aux configurations infinies
Warfighter, par DVG, est une série au fort caractère ludique et narratif dans laquelle vous constituez une escouade, des soldats jusqu’à leur équipement en passant par leurs traits de caractère, que vous mènerez à travers plusieurs environnements découverts au fil de l’eau –et grouillant d’hostiles- vers leur objectif. Une série que je recommande dans mon guide du wargaming en solitaire, dans laquelle il est malheureusement difficile pour le débutant de s’y retrouver, du fait de la quantité de jeux disponibles et des centaines d’extensions qui leur sont associés. D’autant que DVG continue de faire croître sa série phare, tout récemment encore avec la sortie récente de l’épisode Vietnam et de ses extensions.
Le B A-BA
Cette profusion suscite l’enthousiasme des fans, mais elle est réellement intimidante pour le néophyte. Cet article a vocation à lever cette barrière et de vous guider pour votre premier achat, avec une brève présentation des différentes bases, l’explication du fonctionnement des extensions, puis le lien vers un manuel simplifié bien plus pratique pour l’initiation que le livret universel officiel.
Les boîtes de bases
Le système Warfighter fonctionne avec une base, un thème, sur lequel nous pouvons ajouter des extensions afin de l’étoffer. Issues d’un même noyau de mécaniques, ces bases se jouent sensiblement de la même façon à la différence de quelques détails inhérents à leur thème qui apportent à chacune sa personnalité et son intérêt. Chaque boîte comprend du matériel structurel thématique (plateau de jeu monté, jetons, deck actions…) et une partie modulable qui se compose grosso modo de :

9 bases existent à ce jour :
Pour cette étape le choix est simple : optez pour le « théâtre » qui vous attire le plus. Si la jungle vous séduit avec ses combats rapprochés et sa chaleur étouffante, jetez un œil à Pacific. Si vous préférez affronter une guérilla plus faible, mais nombreuse, armez votre arsenal moderne et enfilez vos gilets pare-balles avec le volet Modern. Si à l’inverse vous aimez rester silencieux tout le long de la partie pour n’éveiller aucun soupçon jusqu’à votre cible, c’est Shadow War qu’il vous faut. Une réserve cependant sur Shadow War, PMC et Fantasy, plus clivants de par leur thème et leurs mécaniques spécifiques. Il reste plus « sûr » de découvrir la série avec un épisode classique.
Les extensions
Après une avance rapide dans le futur et quelques parties à votre actif, vous voilà maintenant fan et désireux d’élargir vos horizons. Deux options s’offrent à vous : tester une autre base ou développer celle que vous possédez avec des extensions qui touchent au pan modulable de la boîte.
Il existe à ce jour 194 extensions, rangées par jeu puis catégorisées :

Un chiffre élevé qui dépeint une large gamme d’options, dont heureusement seule une poignée vous sera nécessaire pour vous amuser durant des dizaines de parties. S’il est possible de sortir des sentiers battus et de jouer certains modules d’une base avec une autre, je déconseille aux débutants de se lancer dans l’entreprise qui consiste à déterminer quels modules sont compatibles et lesquels ne le sont pas. En gros, et sauf exception, sera compatible tout ajout qui n’influe pas sur les mécaniques de jeu (ex : soldat), sous réserve de se situer dans la même ère. Vous pouvez donc jouer les troupes britanniques de la seconde guerre mondiale face aux Finlandais si cela vous chante, mais pas explorer avec votre Tommy dans une mission de Shadow War sur Modern en raison de l’absence de la mécanique de bruit. Et s’il n’y a pas d’impossibilité technique à affronter la Wehrmacht avec des soldats modernes, l’équilibre peut s’en trouver compromis et, par conséquence, l’intérêt aussi.
Pour la guerre moderne (Modern, Shadow War et PMC), les extensions se divisent en quatre catégories :
Pour les opus WW2, les decks nations et hostiles fusionnent. En achetant l’extension « Finlande » (EXP#32), vous obtiendrez des decks soldats et hostiles Finlandais, en sus de leur équipement. Jeux à imprégnation historique plus forte, les opus WW2 restent néanmoins riches en extensions Battle (ex : EXP#63 Opération Pegasus).
Enfin, il existe 4 extensions multi-ères. Des packs « fourre-tout » incluant des soldats, de l’équipement et des compétences pour différentes ères. Attention, les cartes ne sont pas universelles, si vous possédez seulement des jeux WW2, les cartes pour Modern ne vous seront d’aucune utilité, sauf à désirer l’anachronisme.
Nos recommandations
De cet océan de modules, nous pouvons en tirer une poignée de recommandations, à affiner bien entendu selon votre ressenti.
De façon générale, pour maximiser la variabilité à moindre coût, nous recommandons a minima une deuxième nation à jouer, des armes supplémentaires et un second type d’hostiles. Cela évitera le syndrome des mêmes soldats affrontant les mêmes ennemis avec le même fusil, soit de quoi éviter le pire en terme d’impression de lassitude. Si les boîtes de base n’intègrent qu’un type de région, les environnements et les objectifs restent nombreux et sont capables de vous occuper un moment. Pour cette raison, les batailles et nouvelles situations peuvent passer en second rang de vos priorités, bien qu’au bout d’un certain temps, vous souhaiterez peut-être voir du pays.
Pour l’ère moderne, les packs génériques représentent un premier choix intéressant, comme Reloading (EXP#1), Speedball (EXP#5) et éventuellement Support (EXP#3). Si vous ne prévoyez pas d’acheter Shadow War, l’extension Stealth (EXP#2) ajoute des options silencieuses pour vos opérations. Vous obtiendrez ainsi un gain de rejouabilité sans virer vers un thème précis. Cocorico, pourquoi ne pas ensuite jouer les forces spéciales françaises (EXP#51) en Afrique (EXP#32 African warlords), ou sauver les otages d’un gratte-ciel avec le FBI (EXP#59).
Les experts en discrétion jouant sur Shadow War peuvent s’essayer à la traque de Ben Laden (EXP#21) sinon à la libération d’une centrale nucléaire (EXP#20) ou d’une plateforme pétrolière piégée (EXP#43). Si l’infiltration n’a plus aucun secret pour vous, les ennemis du pack (EXP#40 Eastern ennemies) vous rendront la vie plus difficile.
Pour les amateurs d’histoire, Maquis (EXP#46) apporte un vent de fraîcheur et de résistance, tandis que Fortifications (EXP#45) vient pimenter les parties WW2 avec une progression plus difficile.
Je n’ai pas de recommandation pour PMC et Fantasy, ni pour le trop récent Vietnam, mais vous connaissez maintenant le principe.
Un meilleur manuel, ça vous dit ?
Votre lourde boîte déjà reçue grâce à la réactivité légendaire de votre fournisseur préféré, il est temps de passer à l’action. Prenez l’épais manuel universel de DVG, admirez-le quelques instants, puis une fois prêt à jouer, faites-vous une faveur et rangez-le. À la place, connectez-vous sur le forum BGG où l’utilisateur BlueMaxima publie pour chaque épisode des manuels simplifiés (ici celui de Warfighter Modern). Mieux organisé et plus lisible que le manuel officiel, ce livret alternatif sera votre meilleur allié pour vos premières parties, de la mise en place à la fin de la mission. Un indispensable.
C’est maintenant à vous de jouer ! Espérant que ce guide vous a aidé à y voir plus clair, je vous souhaite de beaux moments d’immersion dans votre univers de prédilection.
Fiche technique :
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