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Slay the Spire version plateau, le retour aux sources

Sommaire

Slay the Spire est un phénomène du jeu vidéo indépendant, et si vous êtes sur cette page, il y a toutes les chances que vous y ayiez déjà joué sur un support ou un autre.
Comme nous.
Sept ans après son lancement en 2017 en Early Access sur PC, Slay the Spire a vendu plus de 8 millions de copies, et compte des dizaines de milliers de joueurs actifs au quotidien.
Slay the Spire est aussi un intrigant cas d'école, car il était conçu dès le départ comme la transposition en jeu vidéo de mécanismes directement inspirés de nos jeux de cartes traditionnels, jusque dans le vocabulaire : deckbuilding, combos, mots-clef, défausse, main... Tout y est, habillé par une forme low tech très orginale et évocatrice qui n'a pas pris une ride. Et pour cause, son créateur Anthony Giovannetti a grandi en jouant au JCC Pokemon et à Netrunner, puis a été gérant d’un magasin de jeux de société.


 Slay the Spire - le jeu de plateau chez Agorajeux

Une scène bien connue du jeu vidéo : Les Sentinelles,
le pack d’Élites le plus malléable de l’Acte I

 

Les fondamentaux de la Tour

Slay the Spire est un rogue-like dans lequel on entreprend l’ascension des 54 étages d’une tour mystérieuse, le long d'un parcours aux nombreux embranchements. Chaque étage propose des combats, des rencontres, et des évènements totalement distribués au hasard, si bien que chaque tentative est non reproductible. Conformément aux conventions du genre, la mort, bien sûr, est éliminatoire : on ne recharge pas, on ne revient jamais en arrière, et une tentative échouée vous ramène au pied de la tour, face à l’énigmatique Baleine Neow, qui tient tellement à vous confier cette étrange besogne. De niveau en niveau, vous affrontez des ennemis de plus en plus puissants et chaque victoire vous permettra d’ajouter une carte (en principe) à votre deck. Les cartes viennent en trois niveaux de rareté, sont améliorables, et chaque classe de personnage peut orienter son deck vers plusieurs "pôles" de spécialisation très thématiques (armure, poison, orbes, agilité...). En combat, vos cartes sont tirées au hasard de votre deck en début de tour, leur coût en point d'action variant en fonction de leur impact en terme de dégâts, de protection, de buff ou de débuff, etc. Certains ennemis (les Élites ou les Boss), et certaines rencontres vous permettront d'acquérir des reliques, qui vous garantissent (généralement) un pouvoir passif très puissant autour duquel vous pourriez vouloir modeler votre deck. Des évènements pourront même bouleverser le fonctionnement de votre personnage, le transformant en vampire, ou spectre quasi immatériel… La richesse de Slay the Spire et sa durée de vie illimitée en ont fait un jeu culte instantanément, outrepassant les espérances les plus optimistes de ses créateurs.

 

Cette version plateau était-elle bien nécessaire ?

Prendre le risque de s'attaquer à un excellent jeu de deckbuilding, qui marche admirablement sur son support natif informatique, pour en proposer une version simplifiée, moins immédiate, ralentie par les manipulations manuelles, n’était-ce pas se fourvoyer en un terrible traquenard ? N’était-ce pas, tout simplement, hors sujet ?

La question se posait, en effet. Slay the Spire, en version jeu vidéo, ce sont des cartes par centaines, qui réagissent avec des dizaines de reliques, avec vos potions ou vos malédictions pour créer des combos difficilement reproductibles, tant les éléments de randomisation sont nombreux dans la "seed" de chaque partie. C'est ce qui fait tout l'attrait du jeu, d’ailleurs : se lancer à l'assaut de la Tour, et construire son plan de jeu chemin faisant, sans aucune certitude quant à son déroulement. Slay the Spire est aidé par son ergonomie raffinée et par l'informatisation, qui permettent la mise en place, la gestion et la résolution de combos boule-de-neige ou de boucles infinies qui -avec la bénédiction des auteurs- défient tout bon sens !

Une telle variabilité ne saurait se retrouver à l’identique dans une version physique du jeu, jouable autour d’une table, à moins de vouloir passer 20 minutes à calculer des pourcentages et à résoudre des empilements de stats à chaque round, le nez plongé dans des tables de priorité de résolution des effets...

Et pourtant, l’équipe de Contention Games derrière cette adaptation a voulu relever le défi de ce portage insensé et piégeux. Elle a pris le parti d’épurer et de simplifier les mécanismes du jeu sans les bêtifier. Tout est là, en ordres de grandeur réduits, à échelle humaine, parfaitement manipulable et solvable à chaque tour, en plus d’être accessible aux néophytes. On fait un, deux ou trois points de dégâts par attaque, on acquiert un, deux ou trois points de protection (jusqu’à 10, et non plus 999 !), pour vaincre des ennemis dont les points de vie se mesurent en unités, et non plus en centaines.

Hors des considérations purement quantitatives, on retrouve une retranscription fidèle des buffs et débuffs, des conditions de pioche, des aires d’effet, des compteurs, et même des « multiplicateurs X ». C’est très, très impressionnant.

La constitution des packs d’ennemis et leur gestion (aux dés) restituent sans trahir les rencontres et les comportements que les joueurs de la version jeu vidéo reconnaîtront sans mal. La simplification des mécanismes de butin ou de la boutique du marchand sont également des allégements très habiles et parfaitement fonctionnels. Contention Games a fait, rien que sur ce plan, preuve d’une immense habileté, et d’une fidélité qui révèle tout l’amour qu’ils avaient pour le jeu original.

 

 Slay the Spire le jeu de plateau

La boutique du marchand : Contention Games a même inventé
des reliques (en haut) et des potions (en bas)  inédites

 

Le jeu en société, la vraie valeur ajoutée

 

Mais passer l’épreuve de la réduction n’était pas un objectif suffisant en soi. Slay the Spire le jeu de plateau devait se distinguer autrement : il le fait en proposant un jeu purement coopératif, là où le jeu vidéo original était rigoureusement en solitaire. Chaque joueur dirige l’un des quatre héros (le Soldat de Fer, la Silencieuse, le Défectueux, la Gardienne), qui sont disposés, lors des combats, aux quatre emplacements prévus le long du parcours de l’Acte. Les packs d’ennemis apparaissent à leur côté, et chacun d’entre eux attaque le joueur dans sa ligne, selon les comportements décrits par leur carte. Les joueurs, quant à eux, qui jouent en même temps (c’est un tour unique pour tout le monde - aucun temps mort !), peuvent venir l’un au secours de l’autre, combiner leurs cartes pour mettre en place des combos, ou encore permuter leurs emplacements. Le niveau général d’interaction est élevé : l’entraide est une nécessité tant le jeu est exigeant, et avec quelques points d’action par joueur, la concertation entre joueurs est absolument essentielle pour aller chercher le tour optimal.

 Slay the Spire - le jeu de plateau chez Agorajeux

En bas l’attaque de poux cuirassés, un classique
de début de partie !

 

Et c’est là, la véritable plus-value, que la version originelle, informatisée, ne peut pas procurer. La phase de discussion, la réflexion collective, la solidarité face au gigantesque blob à chapeau melon… Ça change tout, ça rend unique, totalement justifié et légitime cette version jeu de société !

La réussite est telle que nous sommes persuadés, à Agorajeux, que Slay the Spire II, annoncé pour 2025 sur PC, proposera un mode coopératif similaire à celui de cette version plateau, prolongeant encore un peu plus l’étrange cycle des inspirations à l’origine du prodige ludique de Megacrit !


Slay the Spire le jeu de plateau 

On ne va pas se mentir, c'est lui de très loin, le préféré des foules.
Et il est jouable dans le mod Downfall sur PC !

 

Fiche technique :

Auteur : Anthony Giovannetti et Casey Yano (jeu vidéo), Gary Dworetsky (version plateau)
Éditeur : Matagot
Pour 1 à 4 joueurs, de 12 ans et plus
Durée usuelle d'une partie : de 40 à 150 minutes (selon le nombre d’Actes joués)

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Staff Agorajeux, amateur de wargames et de jeux "experts"