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Le guide du jeu en solitaire #4 : le wargame.

Sommaire

S’il existe une difficulté à laquelle sont confrontés de nombreux amateurs de wargame, c’est bien de trouver des adversaires avec qui jouer, surtout hors métropole. Par chance, ou compréhension de la situation, les concepteurs s’adaptent et nous voyons fleurir de nombreux titres jouables en solitaire ou exclusivement pensés pour le solo. Consacrant à regret l’essentiel de mon temps de jeu seul, me voilà avec cet article comme un poisson dans l’eau, effectuant un rapide passage en revue du sujet pour terminer ensuite par une sélection de jeux pensée pour tous les niveaux.

Pourquoi jouer en solo plutôt que sur PC ?

Si je donne des éléments de réponse dans le premier volet de notre série dédiée au jeu en solitaire, pour ce qui concerne le wargame, les aspects physique et tactile se révèlent d’une plus grande importance encore, comparé au jeu de société. Stratégiquement, avoir devant soi l’intégralité de la carte ou le relief des pions, et pouvoir analyser d’un coup d’œil la situation sans zoom ou déplacement de caméra s’avère nettement plus confortable et efficient que devant son écran. Il se passe également quelque chose lors de la poussée des pions. Une sorte d’engagement, mêlé de crainte, à envoyer au casse-pipe ces milliers de soldats de carton, que l’on ressent plus difficilement lorsque l’ordre part d’un simple clic. Avec un wargame sur table, on s’investit différemment dans le conflit.

Comment se joue un wargame en solo

Plusieurs méthodes existent à ce jour. La plus simple, utilisée depuis la genèse du wargame, consiste à jouer les deux camps. Bien que cela fonctionne, à condition qu’aucune information ne soit censée être cachée, l’intérêt stratégique reste limité et je préfère me concentrer sur les véritables formes de jeu solo. Deux méthodes sortent aujourd’hui du lot : l’organigramme, schéma qui fait réagir l’adversaire en fonction de la situation sur le plateau, puis la pioche (de cartes ou de pions). Les progrès effectués en matière de pioche sont tels que c’est aujourd’hui le moyen le plus simple et le plus rapide à jouer, tout en étant capable de simuler de façon cohérente un duel.

Une liste variée, mais non exhaustive

La sélection ci-dessous, classée par ordre croissant de complexité, présente des titres aux thèmes variés, rejouables et conçus avec du matériel de qualité. De quoi profiter en toute quiétude et dans de bonnes conditions des plaisirs du wargame.

Solitaire Area Movement (Revolution Games)

Nouvelle série du concepteur prolifique Michael Rinella, qui dépeint trois batailles de la Seconde Guerre mondiale côté attaquant : Stalingrad, Manille et, prochainement, Berlin. Son fonctionnement se veut simple : on place face cachée et de façon semi-aléatoire les unités ennemies sur les secteurs que nous devrons ensuite capturer dans le temps imparti. Ces dernières restent en position défensive, leur passivité étant compensée par la pioche de cartes évènements et les contraintes logistiques auxquelles fera face le joueur. La faible complexité du système ne plaira pas aux wargamers les plus exigeants, mais sera une force pour une large portion qui y trouvera son compte. Pour preuve, la série rencontre un franc succès.

 

Manilla

 

Warfighter (DVG)

Un wargame au sens large, disons plutôt une expérience tactique hollywoodienne à base de cartes. Mais quelle expérience ! Après avoir composé votre escouade et son équipement, vous partez seul (ou avec vos amis, Warfighter se jouant jusqu’à 6) en mission à travers un système de jeu haletant et immersif qui se déroule au fur et à mesure de la partie via un tirage de cartes. Un jeu à l’échelle sub-tactique, tournant autour de la suppression, du choix du mode de tir et d’une gestion accrue de vos munitions. Ses forces : la variété de thèmes disponibles, de la Seconde Guerre mondiale à la fantasy (en passant par les forces spéciales modernes, les maquisards, les PMC…), et sa forte rejouabilité.

 

Warfighter ww2

 

Valiant Defense (DVG)

Cette série vous fait revivre des situations de défense désespérée de la Seconde Guerre mondiale, où une poignée d’hommes tentent courageusement de tenir leur position face à des vagues d’ennemis de plus en plus fortes et régies par un tirage de cartes. Sur une base commune de « Tower Defense » militaire, abstrait sur le plan tactique, mais riche en décisions, chaque épisode possède ses spécificités. Le plus connu, et mon préféré : Pavlov House. Dans celui-ci, au-delà de la défense de la célèbre maison, vous intervenez sur des plans opérationnels et stratégiques pour organiser les ravitaillements et l’établissement de soutiens radio ou offensifs. Castle Itter, second volet, se concentre seulement sur le plan tactique de cette étrange bataille où Alliés et Allemands de la Wehrmacht coopèrent face aux troupes de la SS. Soldiers in Postmen’s Uniforms complexifie le concept de Castle Itter, en prolongeant l’affrontement à l’intérieur du bureau de poste de Danzig, là où les deux précédents jeux se terminent si les Allemands réussissent à pénétrer dans l’édifice. Affrontements sur plusieurs étages, civils qui tentent de fuir… attention aux lancers de grenades ! Lanzerath Ridge, le dernier, vous met au défi de tenir la crête ardennaise avec une belle ligne défensive. Un cinquième volet, Guadalcanal, reprend les mécaniques de Pavlov House et verra le jour prochainement (pas de date connue).

 

Pavlov House

 

LEADER (DVG)

Alternative exclusivement solo à Warfighter (et plus ancienne) pour ceux qui préfèrent diriger un groupe d’engins, la série LEADER se concentrant sur les forces blindées, navales et aériennes. Une formule proche, où les environnements prennent l’apparence de tuiles plutôt que de cartes, pour un choix solide et sensiblement plus complexe que Warfighter. Mais comme pour ce dernier, voyez en Leader une expérience narrative plus qu’une simulation.

 

Thunderbolt Apache Leader

 

Atlantic Chase (GMT)

Un titre original traitant cette fois des batailles navales entre les flottes britanniques et allemandes survenues entre 1939 et 1942. Un jeu de chat et la souris au brouillard de guerre ingénieux : les trajectoires des bateaux sont connues, mais pas leur position. Atlantic Chase intègre deux livrets de scénarios : le premier pour le jeu en solitaire, avec des trames de bot inhérentes à chaque scénario, ainsi qu’un second pour deux joueurs. Un wargame idéal pour une courte session ludique (moins de 1h pour de nombreux scénarios) sans sacrifier la complexité.

 

Atlantic Chase

 

COIN (Counter-Insurgencies) et assimilés (GMT)

Les jeux de cette série spécialisée dans les conflits de contre-insurrection intègrent pour la plupart un excellent mode solo, avec des organigrammes, un deck ou une application. Un coup de cœur seul comme à plusieurs, tant sur le plan ludique avec ses élégantes mécaniques qui gagnent en profondeur à chaque partie, que sur sa véracité historique. Au vu de la charge mentale provoquée par l’asymétrie des différents camps, je recommande toutefois de choisir un épisode proposant un deck ou une application, comme Gandhi, Fire In the Lake ou, plus accessibles, les récents People Power et Vijayanagara. Mais si les organigrammes ne vous effraient pas, choisissez celui au thème qui vous attire le plus. Cuba Libre ou Andean Abyss s’avèrent des choix intéressants et légers (relativement parlant) pour découvrir ce passionnant système.

 

La série COIN par GMT 

 

D-day at… (Decision Games)

Une série du Maître Butterfield dont le premier épisode, Omaha Beach, est devenu un classique du wargame en solitaire. Un jeu impitoyable, mais engageant, qui simule avec brio le débarquement allié du 6 juin 1944 et ses -nombreuses- difficultés. Si vous recherchez un wargame de type « hex and counter », il vous faut celui-ci. Malgré son âge, le jeu n’a pas pris une ride et propose un système solo à base de cartes, sans dés, et avec une mécanique de lignes de vue (LoS) aussi simple qu’efficace. Son succès donnera naissance à plusieurs suites, toutes sur le thème du débarquement, mais pas toutes du même concepteur. Notons tout de même l'existence d'une version PC du jeu, qui est strictement identique au jeu de plateau, mais qui décharge le joueur de la partie "administrative" du jeu.

 

D-Day at Omaha Beach

 

Enemy Action (Compass Games)

John Butterfield quitte les plages pour les Ardennes et l’Ukraine avec son dernier système, Enemy action. Original, il chamboule nos habitudes avec une activation des unités via des cartes (card driven) et une résolution de combats avec des marqueurs (chits) plutôt qu’avec des dés, mais la magie opère. Conçus pour le solo, mais jouable à 2, les bots se révèlent cependant complexes à manipuler, réservant de facto le jeu aux joueurs avertis.

 

La série Enemy Action

 

Fields of Fire (GMT)

On termine cette liste par un changement d’échelle et un retour au tactique, avec l’un des plus grands jeux solo de GMT. Absolument réservé aux joueurs les plus chevronnés en raison de règles complexes, mal écrites et d’une grande quantité de manipulations de marqueurs, Fields of Fire vous fait endosser le rôle d’un commandant de compagnie devant mener à bien des missions sur un secteur géographique, généré aléatoirement via un tirage de cartes. Simulation de donneur d’ordres, l’expérience de jeu tourne autour de l’épais brouillard de guerre et des problématiques de communication -et de coordination- entre les escouades, plutôt que du contrôle direct de nos unités. Si vous réussissez à franchir le mur de l’initiation, vous y trouverez derrière un titre dynamique et unique en son genre, générant à la chaîne des moments de jeu mémorables.

 

Fields of Fire

 

Quid des jeux White Dog ?

J’ai volontairement délaissé les jeux de cet éditeur en raison d’une qualité de production que j’estime inférieure aux titres mentionnés ici. J’aime manipuler du beau matériel et le travail artistique revêt pour moi une grande importance, critères sur lesquels cet éditeur ne me convainc pas. Ceci dit, et parce que mes exigences ne sont peut-être pas les vôtres, de nombreux jeux White Dog ont bonne presse et méritent votre attention. Sergent-chef a déjà parlé de The Mission, vous pouvez également jeter un œil à The Mog, Global War ou Vive L’empereur, tous primés ou nominés dans des concours.

Quel que soit votre niveau de jeu ou d’investissement, si vous recherchez un wargame jouable seul, vous connaissez maintenant les essentiels. Vous souhaitant bon jeu !

Max

Passionné par l’univers des wargames et jeux de stratégie, j'étais initialement un joueur sur PC mais j'apprécie de plus en plus l’élégance et le côté tactile du jeu sur table, qui occupe désormais la majorité de mon temps de jeu.

Jeu PC favori : Combat Mission

Jeu de société favori : Spirit Island